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UNE TRADITION ANCESTRALE
Le vieil alambic, pur
cuivre rouge, à bois à feu nu, construit à
Marseille en 1920, distille un vieux marc égrappé,
vieilli en fûts de chêne (environ 2000 litres par an) et
une eau de vie blanche de marc distillée en petite
quantité (200 litres par an).
| DISTILLATION DU VIEUX MARC DE BANDOL |
En 1900, Jean Siri a 15 ans, il
vient du Piemont, sait à peine lire, travaille très dur,
et promène son regard d'adolescent intelligent sur un monde
rural et rude.
Il était employé dans
la maçonnerie lorsqu'il a découvert la distillerie. Le
bouilleur de cru installé à côté du chantier
venait de l'Aveyron. Mme Joséphine Boetti parle de son
père avec tendresse et admiration.
"Un jour le distillateur est mort.
Son héritier a dit à mon père : Jean, le patron
t'a jugé digne de lui succéder, le métier ne
m'intéresse pas je te cède l'alambic, tu me le paiera
quand tu pourras".
1918 : Jean Siri revient de la
guerre, et devient le bouilleur de cru de Sanary. Il s'installe alors
dans l'ancien abattoir de la cité et fonde sa distillerie.
| Un Alambic sur un "Pointu" |
En 1920, Jean Siri mise sur
l'avenir et achète l'appareil le plus moderne de l'époque
: l'alambic à rectificateur à plateau. Flambant neuf,
superbe, entièrement façonnée dans un cuivre
rouge, la machine sera construite à Marseille.
Pour les habitants du petit port de
Sanary l'évènement sera de taille et excitera la
curiosité de tous. L'alambic viendra par la mer,
transporté depuis Marseille par un "pointu". Il sera
exposé sur la quai pendant deux jours.
En 1929, la fille
aînée, Joséphine, se sent attirée par ce
métier à la fois dur et salissant. Elle sera la
première femme de la région à l'exercer et ce
durant 51 années consécutives.
En 1980, la mort dans l'âme,
sa santé affectée par le dur labeur, Mme Joséphine
Boetti cède son alambic à une famille de vignerons, la
famille Bunan, propriétaire du Mas de la Rouvière
à La Cadière.
| La passion d'un jeune homme |
La distillerie du vieux marc va
retrouver un serviteur compétent et passionné en la
personne de Laurent Bunan, fils du maître du domaine. Etudiant en
oenologie à Beaune pendant trois ans et, après un
séjour aux Etats-Unis, Laurent prend personnellement en charge
le fonctionnement de l'alambic.
Pour Laurent la fabrication du
vieux marc est un art véritable, complétant de multiples
fonctions consacrées aux Domaines Bunan qui exportent dans le
monde entier son appellation Bandol contrôlée.
"L'alambic fonctionne du 8 heures
du matin à 8 heures du soir, dans le meilleur des cas, nous
pouvons distiller jusqu'à 80 litres d'alcool par jour. Vieilli
en fût de chêne, la marc (50 degrés) fera les
délices des connaisseurs qui consomment comme il se doit : avec
modération ".
Ainsi la boucle est bouclée.
Du raisin pressé, égrappé, sortant des cuves du
domaine, naîtra par la magie de l'alchimie d'un "chaudron de
cuivre" un nectar au bouquet subtil.
Catherine Boetti est heureuse, l'oeuvre de son père se poursuit selon une tradition presque centenaire.
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